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Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

jeudi 28 juin 2012

Apprendre à se créer moins de travail


L'enseignement est un domaine professionnel exigeant! Notre profession demande qu'on mette beaucoup de temps à planifier, concevoir des situations d'enseignement-apprentissage pertinentes en fonction des besoins des élèves, à prévoir les mesures d'aide ou d'adaptation de manière à différencier pour les élèves qui en ont besoin. En présence des élèves, on se doit d'être alertes et présents afin d'avoir des yeux tout le tour de la tête. Ainsi, on peut gérer la classe tant au niveau des comportements attendus des élèves, tant dans le pilotage de nos leçons, tant au niveau des entretiens avec les élèves pour soutenir leur travail. Ensuite, la correction, la compilation, l'évaluation des élèves ainsi que de notre pratique afin de poursuivre l'apprentissage des élèves. Sans compter les réunions, les concertations, les formations, les lectures professionnelles, l'organisation physique de la classe, les communications avec les parents, les traces écrites à consigner pour les dossiers des élèves, etc. La liste de nos responsabilités professionnelles est longue. Nous devons jongler avec toutes ces responsabilités dans des délais raisonnables et c'est correct, car nous avons choisi notre profession et nous sommes considérés comme capables de le faire, nous sommes compétents!
Ceci étant dit, je pense qu'il faut absolument apprendre à se créer moins de travail! Nous sommes des humains, pas des machines! Souvent, les enseignants sont des humains perfectionnistes; c'est en fait le défaut de la qualité! Le souci du travail bien fait est une grande qualité, mais pas aux dépends de notre santé. L'épuisement professionnel est fréquent dans notre domaine. Je mentionne ici que je suis prête à mettre le temps qu'il faut pour en faire bénéficier mes élèves. Cependant, j'ai appris à me créer moins de travail en dehors des heures de classe...

Réduire la pile de correction:
En faisant vivre plus d'activités de manipulation et moins de papier-crayon aux élèves, j'ai ainsi réduit la pile de correction, et ce, sans que les élèves soient punis dans leurs apprentissages! Aussi, certaines tâches peuvent très bien se prêter à l'auto-correction. Il s'agit de montrer aux élèves à se corriger eux-mêmes de manière honnête. Ensuite, l'enseignant s'assure du suivi à faire concernant les élèves qui auront eu plus de difficulté dans leurs tâches. La correction de groupe est aussi une solution avantageuse pour certaines tâches, car elle permet en plus une modélisation suite à la tâche.

Gestion des devoirs:
J'ai décrit ma manière de vivre autrement les devoirs et leçons ici et  (sous faire autrement ou j'en suis convaincue sur mon blogue). Je l'ai d'abord installée en raison d'une conviction pédagogique. Je serais malhonnête de ne pas reconnaître que ce changement de pratique m'a fait réaliser tout le temps qu'on met dans une semaine à gérer les devoirs des élèves. Il faut les trouver, les photocopier, les expliquer aux enfants, les récolter (ce qui est souvent compliqué pour certains élèves moins disciplinés), les corriger, les compiler, en expliquer la correction et recommencer ainsi chaque semaine!

Accepter que tout ne soit pas parfait:
Comme je le mentionnais plus haut, les enseignants sont souvent perfectionnistes. Accepter que tout ne soit pas parfait est aussi un aspect qui a fait que je me crée maintenant moins de travail! Je mise davantage sur le contenu que sur la "dentelle". J'aime bien que les tâches que je crée ou adapte pour mes élèves soient bien présentées, avec des petits dessins qui agrémentent le tout ou encore que les affiches de classe soient faites à l'ordinateur, plastifiées, colorées, etc. La réalité, c'est que bien souvent, l'affichage fait avec les élèves (devant eux ou encore par eux) sera plus signifiant et utilisé par eux, même s'il n'y a pas de petits dessins ou de "dentelle"...
Je sélectionne donc ce que je considère qui vaut la peine de faire de manière durable et j'investis plus de temps sur ces priorités.

Apprendre à demander de l'aide et travailler en équipe:
Souvent, on investit beaucoup de temps à monter des tâches qui peuvent déjà exister sans qu'on le sache. Demander l'aide de collègues ou des conseillers pédagogiques est souvent profitable! Quand on apprend à travailler en équipe et à partager nos pratiques pédagogiques ainsi que notre matériel, on profite aussi du bagage des collègues autour. Souvent, si les forces des membres d'une équipe de travail sont différentes, on peut même se compléter de manière remarquablement efficace!
Organiser son fonctionnement de manière à récolter plus tard:
Le dernier point que je souhaite partager est l'investissement dans des choix pédagogiques payants. Bien organisé et bien mis en place avec les élèves, le fonctionnement de la classe permet ensuite de gagner beaucoup de temps! Par exemple, prendre le temps, en début d'année, de structurer sa planification globale en univers social et de s'outiller pour ensuite la vivre au fur et à mesure (voir un drap et des stylos permanents sous univers social sur mon blogue ici) fait en sorte qu'on travaille plus en début d'année, mais qu'il ne reste plus qu'à vivre avec les élèves par la suite. Même chose pour son fonctionnement en classe (5 au quotidien, ateliers, etc.)

Finalement, je n'ai rien contre l'idée de mettre du temps pour mon travail. Au contraire, j'aime ça! Cependant, pour ma santé, j'ai dû apprendre à faire des choix. Je me demande donc si le temps que je mets personnellement profite réellement au cheminement de mes élèves. Si la réponse est oui, j'investis. Si j'hésite, j'essaie de voir si je peux faire autrement. Si non, pourquoi m'entêter?!

10 commentaires:

  1. Oh que je partage ton avis sur ce point! L'épuisement n'est jamais bien loin surtout quand on est perfectionnistes comme la plupart des enseignants -comme tu le dis si bien!-.

    Ayant 3 enfants à la maison, j'ai fait le choix de ne pas amener trop de travail à la maison afin de pouvoir passer du temps avec mes propres enfants. Cependant, cela exige que je change ma manière de travailler à l'école et les choix pédagogiques que je fais sont plus efficaces et moins chronophages.

    Depuis que j'ai fait ces choix, je me sens mieux à l'école et je passe du bon temps avec ma famille. Il est vrai que le travail d'équipe allège la charge de travail, je ne saurais plus travailler sans ma super collègue!!!

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    1. Je te souhaite sincèrement de ne pas perdre ta collègue, ni ta qualité de vie travail-famille!

      M-Eve

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  2. Peut être parce que c'était ma première année à 3 niveaux et chargée de direction mais cette année je n'ai pas gérée du tout et j'ai eu l'impression de me rajouter du travail encore et encore.
    Du coup, comment fais tu pour "donner moins de papier/crayons" aux élèves et plus de manipulations? tu travailles beaucoup sur l'ardoise ou le brouillon? tu ne corriges pas tout peut etre?
    merci

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    1. Bonjour Spiky 23,

      Je débute ma réponse en insistant sur le fait que j'ai réduit et non éliminé le papier-crayon dans mon fonctionnement. Lors des activités de manipulation en classe, tout mon temps est occupé à circuler pour aller voir comment les élèves se débrouillent et les pister au besoin. À certains moments, mes consignes sont même verbales et il n'y a aucune trace de consignée de ces activités, car de toute façon, bien souvent, ce sont des activités qui permettent d'ancrer un concept. Il m'arrive de vouloir garder des traces lors d'activités de manipulation. À ce moment, ce que je fais, c'est que j'écris les consignes sur une feuille et lorsque je passe voir l'élève, je note rapidement comment il s'est débrouillé ou encore j'utilise une étampe qui signifie simplement que cette consigne a bel et bien été faite et bien faite. Les traces écrites des élèves que je consigne sont surtout dans les tâches que je leur demande par la suite.

      Par exemple, si je tente d'ancrer le concept de multiplication avec mes élèves, je leur fournirai du matériel de manipulation (les haricots secs sont parfaits pour ça)et je leur dicterai des problèmes simples du genre "nous sommes 3 personnes qui voulons avoir chacun 4 fleurs. Combien de fleurs seront nécessaires en tout. Montre-moi avec tes haricots comment tu modéliserais cette situation". Avec leurs haricots, les élèves placeront 3 groupes de 4 haricots, compteront leurs haricots et arriveront à me dire que 12 fleurs seront nécessaires. Justement avec des niveaux multiples, cette manière de faire est pour moi facilitante! Tous seront en contexte de manipulation, mais les élèves plus avancés modéliseront un problème autre que "3x4". Je peux leur donner le même contexte, mais modifier les nombres (3 amies qui veulent chacun 17 fleurs. Je les amènerai à remarquer avec du matériel de base 10 que la manière la plus efficace sera de multiplier d'abord les unités, ensuite les dizaines... ainsi, je les amène du processus personnel au processus conventionnel) Aucune correction n'est nécessaire, car j'observe tout simplement ce qu'ils font sur leur pupitre! Effectivement, il est aussi possible d'utiliser d'autre matériel, comme l'ardoise ou le papier brouillon, comme tu le suggérais ou encore du matériel en base 10. Lors de ces activités, j'observe mes élèves. Je vois qui peut aller plus loin, qui a besoin d'un coup de main supplémentaire et de quelle manière. Je note rapidement ces observations de manière à ajuster et différencier mon enseignement la fois suivante. Ainsi, presque toute mon énergie est misée sur le temps en présence des élèves et non en dehors des heures de classe.

      Au fur et à mesure que le concept s'ancre chez mes élèves, les activités de manipulation deviennent moins présentes et des tâches plus papier-crayon apparaissent. Celles-ci, je les corrige!

      Tout dépend en fait de mon intention pédagogique. Il arrive que je n'ai pas besoin de traces écrites pour le moment. À d'autres moments, j'ai besoin d'une activité plus formelle qui me servira à justifier mon évaluation du développement de l'élève.

      Ma réponse est longue, mais j'ai cru pertinent d'illustrer par un exemple... J'espère que ça te convient!
      Merci Spiky 23 pour ton intervention sur mon article!
      M-Eve

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  3. merci pour ce complément d'information et ta réponse rapide:)

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  4. Merci pour cet article qui fait réfléchir sur sa pratique. Je découvre ton blog et j'aime beaucoup !

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    1. Salut Mélimélune,

      Quel commentaire agréable à recevoir! Je suis flattée que tu apprécies l'esprit de mon blogue sur lequel tu es la bienvenue quand tu veux pour partager les réflexions.

      M-Eve

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  5. Bonjour! Merci pour ce temps que tu mets pour nous permettre de réfléchir sur notre pratique. Je partage et je vis au quotidien ce que tu as écrit ci-haut. C'est une question de plaisir...et de survie:-)
    Salut! Julie

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    1. Salut Julie,

      Bienvenue par ici. Mon partage est aussi une question de plaisir, crois-moi. Surtout quand on témoigne que mes réflexions inspirent d'autres gens!

      Tu as raison d'allier plaisir et survie dans ton commentaire. J'aime!

      M-Eve

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  6. Je partage complètement ton point de vue. Pour ma part, j'organise tout ce que je peux pendant les vacances d'été. Je consacre l'un des deux mois pour cela. A la fin, j'ai mes fiches de préparation, mes progressions annuelles, mes projets, un certain nombre de matériel fabriqué, tout mon environnement de classe retravaillé (si besoin). A chaque petite vacances, je consacre un ou deux jours pour affiner la progression de chaque période. Et puis je déroule avec juste un petit cahier journal à remplir, mais comme tout le reste est déjà fait, ça va nettement plus vite !
    Je dirais aussi qu'il faut bien faire l'inventaire de ce que l'on a pour ne pas faire du travail inutile et supplémentaire. Et comme toi, j'ai beaucoup beaucoup développé jeux et manipulations, les enfants apprennent mieux et c'est nettement moins de préparation au final !

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