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Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

mercredi 4 juillet 2012

FIC (3) Les entretiens individuels

Des entretiens individuels (chapitre 3):
Les auteurs décrivent des entretiens individuels dans le contexte quotidien de notre enseignement et des entretiens individuels qui se passent à côté des tâches que l'on fait vivre à la classe. Certains types d'entretiens seront plus préparés que d'autres. Lors d'entretiens individuels, le groupe doit être autonome. *Zazou en est à structurer des centres de mathématiques et partage sa démarche dans les rubriques "centres de numératie" sur son blogue que voici.

Les entretiens individuels en contexte d'enseignement:
Je serais bien étonnée que vous soyez complètement étrangers à cette manière de s'entretenir avec les élèves. Au moment où les élèves sont au travail, il arrive souvent qu'on questionne un élève de manière à le ramener sur une bonne piste. Cet entretien ne dure que quelques secondes ou quelques minutes. Les auteurs parlent "d'entretiens spontannés"
Un des exemples des auteurs est le suivant:
"Dans la classe, il y a 22 élèves. Dans la classe de Julie, il y a 19 élèves. Combien d'élèves y a-t-il en tout?" L'enseignant s'aperçoit que l'élève écrit 91 plutôt que 19. "Wow! Julie doit être fatiguée à la fin d'une journée avec ses 91 élèves!" L'élève change pour 19 sur sa feuille.
*Le bout important de l'entretien est de questionner l'élève (question ouverte) pour savoir s'il comprend pourquoi 19 s'écrit 1-9 et non 9-1.
"Pourquoi changes-tu ce que tu as écrit?
-Parce que 19, c'est une dizaine et 9 unités. Les dizaines vont de ce côté des unités (l'élève montre la position des dizaines)"
Maintenant, on sait que l'élève a compris! Le focus n'est pas que sur la bonne ou mauvaise réponse de l'enfant, on veut s'assurer qu'il comprend ce qu'il fait.

Des entretiens en lien avec une tâche.
Les élèves sont déjà plutôt avancés dans la résolution d'un problème assez complexe pour eux. L'enseignant demande à l'élève qui est en action de lui redire dans ses mots le problème (pour s'assurer de sa compréhension de la situation). Ensuite, on lui demande d'expliquer ce qu'il fait. On ÉCOUTE son raisonnement. On questionne l'élève, qu'il soit sur la bonne piste ou non, pour l'aider à structurer son raisonnement et mettre des mots sur sa démarche. Au besoin, on piste l'élève vers une démarche plus juste pour le débloquer (toujours en se servant de questions ouvertes). On fait du renforcement positif avant de quitter l'élève (Tu es bien parti, continue!)
Encore une fois, on prend quelques secondes ou quelques minutes pendant le déroulement d'une tâche.

Des entretiens structurés:
Ces entretiens sont structurés et planifiés. Les tâches ainsi que les questions posées aux élèves sont préparées d'avance. On se sert principalement de ce type d'entretien individuel pour évaluer en lien avec des concepts vus en classe. Il peut être pertinent de s'entretenir avec chacun avant un bulletin par exemple. Ces entretiens servent aussi à voir l'évolution d'un élève dans le temps ou encore à observer les niveaux de compréhension du groupe de manière à organiser des sous-groupes en fonction des besoins observés. Un entretien de ce genre peut durer autour de 15 minutes selon les auteurs.

Tous les élèves (ou encore simplement les élèves sélectionnés) vivront les mêmes tâches et on leur posera les mêmes questions. Cependant, tous les entretiens ne se dérouleront pas de la même manière, car on s'ajuste à l'enfant avec lequel on travaille. Il se peut qu'une des tâches qu'on avait prévues soit trop facile pour l'élève ou encore qu'on l'ait observé dans un contexte semblable auparavant, alors on peut corser la situation pour lui ou elle. Il se peut aussi qu'en cours d'entretien, on s'aperçoive que ce qu'on a préparé est trop difficile et qu'on différencie.

On place les élèves en contexte, on peut leur fournir du matériel selon le cas ou le besoin de l'enfant et on observe. On regarde comment l'élève se débrouille et on prend des notes de nos observations. Il arrive qu'on voit son raisonnement par ses comportements et on a plus ou moins besoin de questionner. Sinon, on questionne!
Voici l'exemple d'une des tâches faisant partie d'un entretien:
L'enseignant donne deux dés à l'enfant et lui demande d'additionner les deux résultats. L'élève roule un 4 et un 3. Il met 4 doigts de sa main gauche et 3 doigts de sa main droite sur la table. Il compte ses doigts et dit "Ça fait 7!" (L'enseignant a vu comment l'enfant a raisonné et n'a pas besoin de questionner.)
L'élève roule une deuxième fois les dés et obtient 2 et 2. Rapidement, il s'exclame "ça fait 4". L'enseignant demande "comment es-tu arrivé à cette réponse?" "Je m'en souviens, 2+2=4" (L'enseignant sait maintenant que l'enfant a eu recours à sa mémoire)
L'élève roule une troisième fois les dés et obtient un 5 et un 6. Après un mini délai, l'élève déclare que ça fait 11. "Comment as-tu procédé dans ta tête pour en arriver à cette réponse?" "Je sais que 5+5=10 +1, ça fait 11!" (L'enseignant sait que l'élève a recours à ses connaissances des quasi-doubles)
*Il est à noter que les questions de l'enseignant sont toujours ouvertes et ne donnent aucun indice quant à la validité de la réponse de l'élève. On est en observation de la compréhension de l'élève et de sa capacité à utiliser ses stratégies de manière efficace. À un élève qui aurait répondu 12 à 5+6 aurait eu droit à la même question. Il se peut que l'élève, en expliquant son raisonnement, s'aperçoive de son erreur et se corrige. Il se peut aussi qu'il démontre, en expliquant son raisonnement, de quelle manière sa compréhension est fragile. À ce moment, on continue à questionner dans l'intention de cibler précisément le problème et on planifie notre intervention pédagogique. On connaît maintenant précisément le besoin de l'élève et on sait maintenant comment l'aider à se construire une compréhension juste et solide.

L'entretien semi-structuré:
Il peut durer autour de 5 minutes (ou plus selon notre intention pédagogique et notre élève). Quand on veut vérifier quelque chose de spécifique avec un élève, on prend le temps de l'observer pour cibler son besoin réel. En cours d'entretien, on s'ajuste à l'élève et à notre intention pédagogique: veut-on observer le raisonnement de l'enfant de manière à mieux cerner son besoin, veut-on le débloquer dans sa compréhension d'un concept, ou les deux?

Par exemple, l'enseignant s'aperçoit qu'un élève a eu de la difficulté dans un exercice de mesure. Il prend le temps de s'entretenir en tête à tête avec l'enfant en question. L'enseignant sait qu'il veut vérifier la compréhension de l'élève en contexte de mesure. Il a préparé le matériel dont il aura besoin, mais les questions qu'il posera à l'élève dépendent de ses observations. Une dose d'improvisation sera nécessaire de la part de l'enseignant! Encore une fois, on veut observer les processus mentaux de l'élève. On cible précisément le besoin et on se sert de notre jugement professionnel pour prendre les décisions pédagogiques appropriées (sur le moment, ou encore par la suite).

L'entretien flexible:
De ce que j'ai compris, ça ressemble beaucoup au principe de l'entretien semi-structuré. La grande différence, c'est qu'il est moins préparé et qu'on laisse encore plus nos questions et les tâches qu'on propose à l'élève émerger lors de l'entretien. On conduit l'entretien, mais c'est l'élève qui nous guide... On commence par des questions plus faciles et on pousse jusqu'où l'élève nous permet d'aller. On s'assure d'avoir du matériel à proximité et on plonge! On dépend beaucoup de notre confiance professionnelle et de notre connaissance des mathématiques ici!

À suivre pour des contextes de groupe!

6 commentaires:

  1. Vraiment très intéressant!

    Merci pour le lien!

    À bientôt pour la suite!

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    Réponses
    1. Intéressant en effet! Quand on apprend à observer et questionner sur le raisonnement de l'élève, on en apprend beaucoup plus qu'en ayant le focus sur la réponse et l'élève apprend beaucoup plus que si on le guide vers la réponse sans s'assurer de sa compréhension!

      Pour le lien, il est légitime. Quand je trouve des sources crédibles et aidantes, j'assume que j'aime et je recommande! D'autant plus que tu proposes une solution à un problème que le livre ne résoud pas: comment rendre les élèves autonomes pour nous permettre de conduire des entretiens?

      M-Eve

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  2. Exactement, le "syndrôme" de la bonne réponse est très répandu dans les classes et, souvent, c'est que nous ne sommes pas très bien outillées pour aller creuser plus loin, dans la compréhension des élèves. Mais, je crois que c'est en pratiquant et en se risquant que nous développerons davantage cette compétence.

    En réfléchissant ensemble sur la manière dont nous pouvons rendre les élèves autonomes pour nous permettre de réaliser des entretiens, nous parviendrons à trouver ce qui nous convient. La coopération est une clé importante dans cette recherche!

    À bientôt!

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    1. C'est bien vrai qu'il faut se faire assez confiance pour prendre des risques. Les erreurs feront partie de notre apprentissage et de notre cheminement professionnel. Si nous savons les reconnaître et les réparer, les élèves ne souffriront pas trop de nos expérimentations.

      Autre bon point, travailler ensemble pour structurer une manière de rendre les élèves autonomes et se créer du temps pour vivre les entretiens sera la clé! À suivre... cyber-collègue!
      M-Eve

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  3. Je suis retombée sur ton article par hasard et j'avais une expérience à partager.

    À ma nouvelle école, j'ai vu un directeur exécuter des entretiens structurées d'une durée d'environ 5 minutes avec chacun des élèves de l'école après la période des bulletins.

    J'ai été surprise et ravie de le voir procéder. Les entretiens se déroulaient de manière très amicale. Les élèves sentaient qu'ils étaient soutenus non seulement par leurs parents et leurs enseignants, mais aussi par le directeur lui-même. Cette simple intervention lui permet d'être en contact avec chaque élève et d'éventuellement proposer des pistes et/ou de nouvelles ressources à l'enseignante...

    Vraiment, un geste simple, mais qui lui est un outil pertinent pour avoir le poulx de l'école.

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    Réponses
    1. WOW!!!

      La direction rencontre les enfants un à la fois pendant les heures de classe? Comment les enseignants réagissent-ils à ces rencontres qui, nécessairement, font "entrer" la direction dans leur enseignement et dans leur lien avec leurs élèves?

      M-Eve

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