CLICK HERE FOR FREE BLOGGER TEMPLATES, LINK BUTTONS AND MORE! »

Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

samedi 15 septembre 2012

Les tables

Les fameuses tables... Quand j'étais à l'école primaire et qu'on me demandait, pendant des années, de les apprendre par coeur, qu'on me testait le vendredi pour savoir si je les connaissais par coeur et que je les étudiais et révisais tous les soirs parfois en les écrivant (au cas où je serais visuelle) ou en les récitant (au cas où je serais auditive), j'étais déçue, gênée et frustrée de ne pas toutes les connaître par coeur... Aujourd'hui, je suis adutle, enseignante et je ne connais pas tous les faits numériques par coeur...
 
Je me prépare à revoir les tables de multiplication avec mes élèves et je veux les aborder par les stratégies facilitant l'apprentissage des faits numériques proposées dans ma bible des maths... L'enseignement des mathématiques; l'élève au centre de son apprentissage. Ainsi, plutôt que de les faire apprendre dans l'ordre: tables de 1, 2, 3, 4... je me baserai sur les stratégies aidant les élèves. Les voici:
 
Les doubles: La table de 2 correspond en fait aux doubles travaillés lors des additions. En travaillant les doubles, on parle de tous les faits numériques concernés. Ainsi, on travaille autant 2x8 que 7x2...
 
Avec 5: Compter par bonds de 5 est une habileté qui a été largement travaillée depuis le début de la scolarité des élèves. Ainsi travailler les faits numériques incluant les multiples de 5 aidera les élèves. Encore une fois on parle autant de 5x4 et de 6x5...
 
Avec 0 et 1: Une fois qu'on a compris que quand on multiplie par zéro, ça donne toujours zéro et que quand on multiplie un nombre par 1, il reste inchangé, ces tables sont faciles. Cependant, les auteurs soulignent que ce n'est pas une évidence pour les élèves. Effectivement, on vient de passer plusieurs années à leur faire observer que quand on additionne zéro à un nombre, il reste inchangé (ce qui n'est pas le cas dans les multiplications)... Il est donc fondamental que les élèves réalisent, en contexte de problèmes à résoudre, les concepts associés à cette stratégie.
 
Avec 9: Les multiplications par 9 offrent des régularités qui aident à les apprendre. Il est donc possible de vivre en classe des activités favorisant que les élèves connaissent et soient capables d'utiliser ces régularités pour se débrouiller facilement avec la table de 9.
 
Avec 10 (mon ajout personnel): Ma bible de l'enseignement des maths tient compte des faits numériques allant jusqu'à la table de 9. Au Québec, la progression des apprentissages va jusqu'à 10 quand il est question des tables que les élèves doivent apprendre. Si le système en base 10 est bien ancré, les multiplications par 10 devraient être assez évidentes pour les élèves qui observeront vite qu'en ajoutant un zéro au nombre multiplié par 10 on arrive à la réponse.
 
Suite à ces stratégies enseignées, il ne reste que 25 faits numériques à apprendre (seulement 15 quand on considère que les autres sont réciproques). Ici, les auteurs suggèrent de les travailler de manière à ce que les élèves se développent différentes stratégies pour y arriver. Chaque élève ira de sa propre réflexion qui sera efficace pour lui ou elle... Ils se serviront des faits numériques qu'ils connaissent bien pour y arriver. Je vous invite à aller feuilleter les pages concernées dans l'ouvage pour mieux comprendre.
 
Les auteurs soulignent que les exercices d'automatisation ne deviennent pertinents qu'une fois que les élèves ont intégré les différentes stratégies. Demander aux élèves d'automatiser leurs tables avant qu'ils comprennent bien de quoi il s'agit n'est que peu productif (j'en suis une preuve vivante). Aussi, ils se prononcent sur les tests de vitesse. Encore une fois, je me suis reconnue en tant qu'élève à l'époque. Les auteurs citent un extrait de recherche que je citerai à mon tour:
"Les enseignantes qui utilisent les tests de vitesse croient que ces tests aident les enfants à apprendre les tables. Cette croyance n'a aucun fondement sur le plan pédagogique. Bien réussir sous la pression du temps indique une maîtrise de cette habileté. Les élèves qui ont de la difficulté avec cette même habileté ou qui travaillent plus lentement courent le risque de renforcer leurs lacunes en étant soumis à une telle pression. De plus, ces enfants devienent craintifs et développent une attitude négative envers les mathématiques (Burns, 2000, p.157)"
 
Pour John Van de Walle et LouAnn Lovin, les tests de vitesse empêchent de recourir à une approche raisonnée pour la maîtrise des tables, produisent peu de résultats durables, ne récompensent qu'une minorité d'élèves, sont une punition pour la majorité et devraient généralement être évités. En fait, le diagnostic serait le seul objectif défendable des tests de vitesse portant sur les tables. Ainsi, on peut identifier les stratégies sur lesquelles les élèves ont besoin qu'on mette l'emphase. (J'admets qu'ils déstabilisent les traditions, mais je crois sincèrement en leur vision, étant une des personnes concernées par ce qu'ils émettent)


6 commentaires:

  1. Bonjour M-Eve!

    Comme on a déjà discuté de cet aspect de la mathématique ensemble, je te rejoins à 100%.

    Cette année, j'ai démarré l'apprentissage des tables + et - selon les différentes stratégies également. J'ai commencé par le +0 et le +1 en remplissant avec eux un tableau vide (comme tu le fais) et je leur ai fait remplir une fiche de découverte de stratégies.

    Puis, cette semaine, je fais un entretien pour vérifier où ils en sont en encadrant les faits qui sont bien intégrés.

    J'ai hâte de voir les "résultats".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne sais pas si tu verras tout de suite une différence énorme dès la première stratégie, mais je suis très convaincue que ce sera ancré à long terme!

      On s'en reparle!
      M-Eve

      Supprimer
  2. J'ai aprlé de toute mon organisation pédagogique et, notamment, l'apprentissages de tables. Le sparents ont accuuilli favorablement cette manière de faire. Dès le lendemain, les enfants m'ont avoué que dorénavant ils pratiquent leurs tables à la maison avec un objectif réel! C'est déjà ça de gagné!

    J'ai démarré mes entretiens, mais je constate que ce n'Est pas évident de voir si une addition ou une soustraction est véritablement maîtrisée. À priori, j'y suis allée avec la rapidité relative à donner la réponse, mais as-tu d'autres pistes à me proposer?

    Oui, bien entendu, on s'en reparle!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Salut Zazou!

      Merci de faire un suivi concret à cet article. C'est intéressant de connaître le vécu des autres en la matière!

      La rapidité à donner la réponse est sans contredit un facteur. Cependant, certains élèves prendront quelques secondes pour réfléchir, mais maîtriseront quand même le fait numérique... J'aime bien valider mes perceptions avec le facteur de la constance. En demandant plusieurs fois les opérations, je peux observer si l'élève a la bonne réponse systématiquement ou de manière circonstancielle. Ceci étant dit, ton entretien n'a pas à s'éterniser pour autant... Cible les faits numériques les plus complexes pour les répéter et passe plus vite sur ceux qui sont vraiment évidents...

      J'espère que je t'aide un peu...

      M-Eve

      Supprimer
  3. Merci M-Eve!

    C'est donc ce que j'ai fait dans les faits. J'ai gardé les faits numériques sur lesquels un élève a le plus hésité puis nous y revenu un peu plus tard. De toute manière, j'ai encore toute l'année pour les observer!

    Généralement, les élèves réussissent aussi à me dire s'ils ont su la réponse comme une éclair ou non.

    C'est en faisant régulièrement des entretiens que j'en viendrai à mieux connaître mes élèves...

    Merci pour ta réponse!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ça me fait bien plaisir!

      Tu as raison, tu as toute l'année pour observer et connaître tes élèves!

      C'est vrai que les élèves sont capables de nous dire lesquelles sont les plus compliquées pour eux. Il est parfois possible de les aider avec des jeux de mots ou autres stratégies... Par exemple, une élève m'a dit cette année que dans la table de 2 (stratégie des doubles), la multiplication sur laquelle elle hésite le plus est le double de 8... "8x2 ou 2x8= 16... "seize" de parler!" a été ma réponse... Je sais maintenant qu'elle s'en souviendra!

      Une autre élève m'a dit chanter les tables qu'elle connaît moins. Elle utilise l'air d'une chanson qu'elle aime et chante la table de 7 et s'en souvient maintenant... C'est donc un moyen aidant qui fait en sorte qu'elle maîtrise ses tables, mais elle aura besoin, peut-être, de plus que quelques secondes pour y arriver. Il faut vraiment faire la différence et c'est vrai que ça peut être subtil en entretien!

      De toute façon, comme enseignantes, il faut aussi se donner le temps de s'habileter quand on modifie une pratique!

      M-Eve

      Supprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...