CLICK HERE FOR FREE BLOGGER TEMPLATES, LINK BUTTONS AND MORE! »

Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

samedi 10 novembre 2012

Utiliser la littérature en écriture

Je n'invente rien ici, car je n'en suis qu'à m'habiliter à suivre les conseils de Nadon et de Routman(voir Écrire au primaire; réflexions et pratiques et Enseigner l'écriture; revenir à l'essentiel). Ces ouvrages sont, à mon avis, très inspirants et ramènent une vision de l'enseignement de l'écriture vers ce que devrait véritablement être écrire. Certains grinceront des dents, car le nerf de la guerre dans ces ouvrage ne tourne pas autour de l'orthographe (grammaticale ou lexicale), mais autour du texte et du message.
 
Petit paragraphe décrivant une conviction pour mettre en place l'article... Passez au paragraphe suivant si la réflexion vous intéresse moins et que vous voulez tout de suite toucher au concret de l'article.  Qu'est-ce qu'écrire? L'écriture est une forme de communication. On veut, en écrivant, que le message passe bien et que le lecteur reçoive l'essence de ce qu'on voulait exprimer. Qu'est-ce que bien écrire? Bien écrire, c'est réussir à passer son message tout en respectant l'intention d'écriture. C'est aussi un peu plus que ça. Bien écrire, c'est toucher le lecteur, l'accrocher, l'intéresser, lui donner envie de nous lire, susciter un désir d'en lire encore plus. Bien écrire, c'est réussir à ce que le lecteur passe un moment plaisant en nous lisant. Cela est vrai, en mon sens, dans tous les types de textes! Bien écrire et écrire sans fautes, c'est bien différent! Écrire sans fautes, c'est une marque de respect envers le lecteur, qui est paresseux et exigeant! Quand j'entreprends une lecture et qu'elle présente des fautes d'orthographe lexicale ou grammaticale, je bougonne. Je suis contrariée de devoir faire l'effort de passer par dessus les erreurs pour apprécier et bien comprendre le texte. Je critique l'auteur qui me rend la tâche de lire son texte plus difficile et moins fluide! Écrire sans fautes, c'est franchement important, mais ce n'est pas ce qu'est "bien écrire"!
 
Routman suggère de revenir à l'essentiel dans l'enseignement de l'écriture: écrire pour vrai! Demander aux élèves d'avoir des intentions d'écriture et des destinataires réels. Les mettre en contexte d'écriture qui ne servira pas seulement à se faire évaluer en classe, mais écrire réellement! Nadon est sur la même longueur d'ondes sur ce point. Cependant, il ajoute qu'une des manières les plus crédibles et les plus inspirantes de montrer aux élèves comment "bien écrire", c'est de s'inspirer des professionnels de l'écriture: les auteurs. Donner la littérature en exemple aux élèves et leur demander de faire comme eux!
 
C'est ce que j'ai fait cette semaine. Depuis le début de l'année, je travaille avec mes élèves le contenu en écriture. J'insiste pour que les textes soient clairs, précis, cohérents, structurés... Cette semaine, je fais un pas de plus. Je leur demande que leurs textes soient intéressants en plus d'être clairs et cohérents! Je leur demande d'ajouter du style à leurs écrits. Pour amener cette idée, je suis passée par une description de personnage. J'ai écrit une description claire, cohérente, ordonnée et précise d'un personnage. Voir ici. J'ai amené les élèves à se positionner sur la qualité de mon écrit. Ils ont statué que ma description respectait tous les critères de contenu que j'ai travaillés avec eux depuis le début de l'année. Quand j'ai demandé à la classe si mon texte était intéressant, quelques secondes de silence ont eu lieu. Je sentais l'hésitation, le malaise... jusqu'à ce qu'une élève assume son opinion et plonge. "Non Marie-Eve, ton texte n'est pas intéressant!". MERCI!
 
C'est ici que la littérature prend place. C'est à ce moment que j'ai montré aux élèves des modèles de descriptions de personnages tirés de différents ouvrages. Nous avons observé le style des auteurs dans les écrits. Nous avons remarqué qu'ils nous montrent ou nous font sentir ce qu'ils veuleut dire plutôt que de le nommer clairement.
 
"Elle est partie minoucher son gros bedon tout rond" est la manière que Dominique Demers a choisie pour dire que le personnage est en arrêt de travail parce qu'elle est enceinte dans La nouvelle maîtresse. C'est mignon, non?
 
"Vieux Thomas n'avait peut-être pas encore cent ans, mais il était vraiment très vieux" est la description qu'elle a faite de son personnage dans Vieux Thomas et la petite fée.
 
"En entrant dans la classe, une surprise attend les élèves : madame Laura n’est pas là. À la place se tient une femme d’une cinquantaine d’années, vêtue d’un tailleur gris, ses cheveux roux remontés en chignon. Elle observe les garçons et les filles entrer, silencieuse, les mains croisées devant elle. Les enfants la saluent discrètement et la dame se contente chaque fois de hocher sèchement la tête. Quand tous sont installés, l’inconnue se met en mouvement. Une paire de lunettes est accrochée à un cordon autour de son cou, mais elle ne les enfile pas pour examiner la classe. Ses petits yeux bleus sont si intenses qu’aucun enfant n’ose parler. " La description de Patrick Sénécal est éloquente. Il n'a pas nommé le côté autoritaire, voire intimidant de son personnage. Il a fait beaucoup mieux, il l'a fait sentir! Madame Wenham
 
Danielle Marcotte décrit Jos Montferrand dans son album du même titre. "N'allez pas croire qu'il n'était que muscles sans cervelle. Moi qui l'ai connu, je vous le dis, il avait le coeur droit comme une forêt d'épinettes." C'est éloquent, non... le coeur droit comme une forêt d'épinettes!
 
Les élèves ont été très intéressés d'observer ce qui leur passe souvent sous le nez. Il faut effectivement prendre la peine d'observer le style que l'auteur a mis dans son texte et le comparer à son message pour voir la qualité du travail d'écriture! "Oui Marie-Eve, c'est beaucoup plus intéressant, mais nous ne sommes que des élèves de 5e-6e... Tu nous demandes de faire comme des auteurs qui font ça de leur vie, bien écrire..." Absolument! Ce sera un défi et j'assume!
 
J'ai repris ma description du même personnage du début de ma leçon et j'en ai écrit une qui avait du style. J'ai souligné aux élèves que je ne suis pas auteure, moi non plus. Je suis enseignante! J'ai appris dans la vie à enseigner, pas à écrire de manière littéraire, mais en y mettant l'effort qu'il faut, je réussis à améliorer considérablement un texte. Comme enseignante, je demande à mes élèves de s'inspirer de la littérature de jeunesse, pas d'en produire!
 
Par contre, quand je lis dans l'ouvrage de Nadon des textes écrits par de jeunes enfants, (pardonnez l'expression un brin vulgaire, mais qui donnera du style et de l'éloquence à mon propos) je suis sur le cul tellement je suis impressionnée et tellement mes grands élèves écrivent moins bien que ses petits de première année... Il n'y a qu'une raison à cela; c'est la qualité de son enseignement, la rigueur qu'il exige à ses élèves et la confiance immense en leurs capacités qu'il leur accorde et qu'il leur fait ressentir.
 
Pourquoi pas moi?
 

8 commentaires:

  1. Oh que je suis contente de te lire ce matin! Ce que tu évoques, c'est tellement vrai!

    S'inspirer de la littérature de jeunesse... ce n'Est pas illusoire, les élèves ont un sens aigue de l'observation et savent faire des remarques très pointues quand on leur demande et quand on leur montre comment faire...

    Alors, je n'ai aucun doute que tu réussiras à leur faire écrire des textes d'une excellente qualité...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ta confiance Zazou!
      Je m'engage à être exigente envers mes élèves et de les obliger à me donner le meilleur d'eux-mêmes. Possiblement qu'ils se découvriront eux-mêmes des qualités d'auteur qu'ils ignorent!

      À bientôt!
      M-Eve

      Supprimer
  2. Quel blogue inspirant. J'adore tes partages. J'enseigne aussi au 3e cycle. Marie-Éve, tu n'as jamais pensé ajouter ce que tu produis ou utilises en lien? Je pense par exemple, aux ateliers présentés aux élèves, au matériel utilisé pour tes ateliers de math, aux ateliers de lecture, ainsi de suite.... J'adorerais:))))))
    Nancy

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Salut Nancy,

      Je te souhaite d'abord la bienvenue sur mon blogue! Il me fait bien plaisir de voir que mes réflexions et mes convictions pédagogiques t'inspirent et j'apprécie grandement que tu prennes la peine de me le laisser savoir!

      C'est bien vrai que je publie peu de matériel concret... En fait, ce n'est pas par manque de considération ou d'esprit de partage. Par exemple, en maths, j'utilise beaucoup de tâches qui sont disponibles sur le portail de ma commission scolaire (banque de toutes sortes de ressources suggérées par les CP). Comme ce n'est pas "mon" matériel, je me vois mal le partager par le biais du blogue... Pour ce qui est des ateliers de maths dont j'ai parlé, nous sommes en plein travail mes collègues et moi. En fait, nous puisons sur le portail, dans certains documents que nous avons à la portée de la main (banque de problèmes ou d'exercices, etc.) et surtout dans les ouvrages "L'enseignement des mathématiques; l'élève au centre de ses apprentissages". En fait, c'est vraiment la base de nos ateliers. On ne fait que modifier les nombres ou les situations pour qu'elles s'adaptent à nos contextes de classe. Je te suggère donc l'ouvrage qui te permettra de t'approprier le contenu et de sélectionner les activités qui permettront à tes élèves de construire leurs connaissances mathématiques. Ce sera peut-être un peu plus de travail, mais ce sera plus payant pour toi pédagogiquement!

      En lecture, j'utilise beaucoup le continuum en lecture et GB+. Encore une fois, je me vois plus ou moins publier du matériel sans en avoir les droits d'auteur... Je préfère publier les outils que j'utilise pour planifier et concevoir certaines situations d'apprentissage. Ainsi, chacun peut les utiliser sans que je n'aie lésé de droits d'auteur. Avec le temps, j'ai appris à utiliser les livres de manière pédagogique. Je te réfère à l'article suivant qui pourrait t'aider à questionner un livre comme je le fais dans ma classe.
      http://mesconvictionseneducation.blogspot.ca/2012/07/les-quatre-dimensions-de-la-lecture.html

      J'admets sincèrement qu'avec les années et ma manière de travailler, je produis moins de matériel. J'ai investi mon énergie dans des manières de vivre ma pédagogie plutôt que dans la conception de tâches ou de matériel qui prenait plus de temps à monter qu'à vivre avec les élèves. Désolée pour ceux qui en profiteraient...

      À bientôt Nancy!
      M-Eve

      Supprimer
  3. Je suis d'accord à 200% avec toi sur l'intérêt et l'importance de la littérature comme modèle d'écriture! Et cette différence entre savoir écrire et écrire sans faute... Tant de personnes reprochent aux enfants de ne pas savoir écrire juste parce que l'orthographe ne leur plait pas... On oublie que bien écrire c'est surtout et avant tout communiquer et faire passer un message...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. TELLEMENT!!!

      Ermeline, tu m'inspires mon prochain article! Merci!

      M-Eve

      Supprimer
  4. Rhoooo... J'oubliais ... Bon dimanche de Pâques plein de chocolats et de douceurs! Cyberbisous de Belgique!

    RépondreSupprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...