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Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

mardi 2 avril 2013

Ce qui m'a fait adorer l'enseignement de l'écriture cette année; mes ressources clés

Depuis longtemps, je crois fermement aux ateliers d'écriture. Je sais ce que la recherche en dit, je vois la pertinence de fonctionner ainsi dans une classe, mais je n'avais jamais encore réussi à les "faire lever" dans ma pratique.
 
Cette année, je crois avoir touché l'essence de ce que sont les ateliers d'écriture et je les ai vécus avec un plaisir et une satisfaction qui me donnent envie de partager les petits riens qui ont fait toute une différence dans ma padagogie et qui ont donné des résultats suscitant la fierté des élèves ainsi que la mienne.
 
Des ateliers de 20 minutes:
Une période d'une heure en écriture devenait très souvent difficile à gérer pour moi. Les élèves manquaient de motivation et je me trouvais à passer mon temps à intervenir avec eux pour les ramener à la tâche plutôt qu'à les aider et à leur donner ce qu'il faut pour les faire progresser. En m'appropriant les 5 au quotidien, j'ai réalisé qu'en faisant une rotation d'ateliers d'une vingtaine de minutes, les élèves avaient juste assez de temps. En vingt minutes de rédaction efficace chaque jour, ils ont le temps d'avancer de manière considérable leurs écrits. À ces 20 minutes d'écriture s'ajoute une autre période de 20 minutes de révision et correction. C'est donc à ce moment que les élèves mettent leurs connaissances gramaticales en application et directement dans leurs textes. 20 minutes de correction par jour, c'est suffisant pour qu'ils travaillent cette habileté, mais sans en faire une allergie!
 
Des mini-leçons axées sur le CONTENU:
D'abord, mes mini-leçons en groupe-classe ne sont pas systématiques. C'est à dire que je prends le temps de le faire quand je sens que le besoin devient général. Au début de l'année, mes modélisations, mes leçons plus dirigées sur mes attentes envers les élèves étaient plus nombreuses. Surtout, je m'étais donné comme objectif de prioriser le contenu. Écrire sans fautes, c'est un des 5 critères d'évaluation de la compétence à écrire. Nous avons donc pris conscience de l'importance du destinataire, du sujet qu'on veut exploiter, de ce qui nous inspire, et surtout, j'ai travaillé sur la conception des élèves en écriture. ÉCRIRE, C'EST TRANSMETTRE UN MESSAGE, DONNER QUELQUE CHOSE AU LECTEUR... LUI FAIRE VIVRE UNE ÉMOTION, LUI APPRENDRE QUELQUE CHOSE, LE DIVERTIR EN CRÉANT UNE IMAGE DANS SA TÊTE.
 
Plus l'année avançait, plus mes mini-leçons étaient basées sur des écrits que les élèves partageaient. Je me faisais un devoir de souligner les forces, les passages forts des élèves. Je me faisais aussi un devoir de leur pointer les faiblesses de leurs écrits (mais en cours de route, pas seulement une fois qu'ils considéraient avoir terminé) en leur donnant des pistes pour enrichir leur texte. Une des phrases que j'ai tellement répétée cette année qu'elle est incrustée dans la tête de mes élèves est la suivante: "mets de la viande autour de l'os".
 
Maintenant, les élèves sont capables de se donner de la rétroaction entre eux. Ils n'ont donc presque plus besoin de moi à ce niveau. Ils viennent chercher des pistes de solution quand ils identifient un élément qu'ils veulent rendre plus riche dans leur texte.
*Lors des ateliers de français, je permets aux élèves de s'entraider. 95% du temps, chacun a son propre texte. L'écriture est un processus individuel et rarement un travail d'équipe. Cependant, je laisse les élèves consulter leurs pairs en cours de route quand ils ont besoin de rétroaction pour continuer. Ils prouvent donc leur autonomie et n'attendent pas constamment que je sois disponible pour les lire!
 
Mes leçons de grammaire:
Mes leçons de grammaire en groupe-classe ne sont apparues qu'au tiers de l'année scolaire. Avant ça, j'ai beaucoup plus encadré mes élèves individuellement et je leur ai donné beaucoup plus de pistes pour se corriger. Je me montrais cohérente: on priorise le contenu du texte!
 
Quand j'ai commencé à mettre plus d'emphase sur la correction, les élèves étaient plus enclins à s'y engager, car ils avaient appris à produire des textes dont ils étaient fiers et qu'ils considéraient dignes de l'énergie et de la rigueur que la correction demande.
 
J'ai aussi cessé d'accompagner aussi généreusement mes élèves à cette étape de leur travail d'écriture... "Je ne ferai pas ton travail pour toi, pour quelle sorte de nouille tu me prends?!" J'ai, toute l'année, utilisé cette phrase empreinte d'humour pour montrer aux élèves que je n'étais pas leur béquille. Je leur fournissais tous les outils dont ils avaient besoin. À eux maintenant de mettre en application, et avec rien de moins que la rigueur dont ils sont capables, leurs connaissances. Évidemment que je différencie et que j'accompagne mes élèves là où ils en ont réellement besoin!
 
Le partage des écrits:
La qualité des productions de mes élèves s'est décuplée quand une de mes élèves a écrit un texte franchement déstabilisant. J'ai lu le texte à voix haute en demandant au groupe d'imaginer son auteur. "Je pense que ça a été écrit par un adulte, un de nos parents, un auteur, un adolescent..." Quand j'ai annoncé au groupe que l'auteure du texte était en fait une élève de la classe, ils ont été impressionnés d'abord, mais ils ont pris conscience de ce que pouvait être une production écrite quand on y met réellement du coeur! J'ai VU l'importance capitale prendre du temps en classe pour permettre aux élèves de lire aux autres ce qu'ils écrivent et de recevoir de la rétroaction. Les commentaires qu'ils reçoivent sont constructifs et positifs. Cela leur donne donc le regain nécessaire pour travailler réellement à donner vie à leurs écrits.
 
Modéliser des contre-exemples:
On est parfois polis avec les élèves. On n'ose jamais leur expliquer que ce qu'ils produisent est parfois décevant. Moi la première, je ne suis pas à l'aise de prendre un texte que je trouve pauvre et de l'utiliser pour montrer aux élèves que ce n'est ni à la hauteur de leurs capacités, ni franchement intéressant. Pourtant, il est capital de faire prendre conscience aux élèves que si on veut tendre vers la richesse d'un écrit, il faut savoir identifier les bouts qui sont carrément plates. Une fois que c'est fait, on peut travailler à les outiller pour qu'ils enrichissent réellement leurs écrits. Le compromis que j'ai trouvé, c'est de moi-même modéliser un texte inintéressant et d'amener mes élèves à le dire ouvertement. "M-Eve, ce que tu viens d'écrire est très précis et clair, mais c'est vaiment ennuyant!" "OUI, cher élève qui s'assume et qui sait faire preuve de jugement! Ce passage est loin d'être à la hauteur. Voici maintenant comment je pourrais dire la même chose, mais d'une manière digne de ma compétence à écrire!"
 
Faire le pont entre la lecture et l'écriture:
Choisir des oeuvres littéraires de qualité à lire aux élèves est un plaisir sincère que je revendique dans ma pratique depuis maintenant plusieurs années. Ce que j'ai ajouté à mes lectures à voix haute cette année, c'est de relever des passages particulièrement bien écrits pour faire réaliser aux élèves l'ampleur de l'importance d'un mot judicieusement choisi, d'une émotion qui passe bien, d'une image adroitement implantée par les mots imprimés sur le papier. Je me suis montrée amusée, touchée, impressionnée par l'adresse dont les auteurs font preuve. J'ai montré aux élèves que quand ils portent une attention particulière à cet aspect de l'écriture, ils donnent beaucoup de valeur à ce qu'ils écrivent.
 
Quand j'ai remarqué cette adresse chez mes élèves, dans leurs textes, je me suis fait un devoir de m'extasier, mais sincèrement, devant la classe. "Fais moi plaisir, relis ce passage... WOW!!! J'adore la métaphore! Relis-le encore, c'est trop savoureux... je veux l'entendre une fois de plus!"
 
Ne faire un plan que quand les élèves en ont besoin et de manière plus informelle:
Traditionnellement, l'enseignement de l'écriture se fait dans un certain cadre. Pour permettre aux élèves de s'épanouir en tant qu'auteur et vraiment leur donner une voix, il faut aussi leur donner la latitude de produire des écrits qui leur ressemblent. J'ai donc retiré l'utilisation systématique du plan dans mon enseignement. J'ai plutôt montré aux élèves à noter leur intention d'écriture, leur destinataire ainsi que les idées qu'ils veulent transmettre dans leur écrit. J'ai insisté sur le fait que cette étape est importante, surtout parce qu'on ne rédige que 20 minutes à la fois et que ce sera drôlement aidant pour continuer son texte d'une journée à l'autre.
 
Je montre ainsi que planifier son écriture est une étape importante, mais surtout malléable! Dans toute l'année, je n'ai reçu AUCUN travail d'élève qui est en fait un plan détaillé, sans réellement être un texte.
 
J'ajouterai que je leur ai montré à organiser leurs idées sommairement lors de leur planification, mais surtout en cours d'écriture ou encore de révision. Toute l'année, j'ai exigé qu'ils écrivent sur des feuilles mobiles et au recto seulement. J'ai insisté pour qu'ils osent découper leur texte et le recoller leur permettant ainsi d'ajouter de "la viande autour de l'os" dans certains passages pauvres, de replacer leurs idées de manière plus chronologique et facile à comprendre. Leurs brouillons ont maintenant réellement l'air d'un brouillon! Je vois le travail qu'ils effectuent tant au niveau du contenu que de la forme!
 
Donner des échéances aux élèves:
Par le passé, j'échappais certains élèves qui ne se donnaient jamais la peine de finir les textes qu'ils commençaient. Cette année, mes élèves sont assez vieux pour apprendre à gérer des échéances. Je leur donnais des dates à respecter (le plus souvent la fin de l'étape) et des "minimums" à atteindre. "Ça fait maintenant quelques semaines que nous évoluons en écriture. D'ici trois semaines, il te faut me remettre au moins 2 textes terminés. Ne crais rien, je te donnerai le temps dont tu auras besoin... à toi de te responsabiliser et de l'utiliser efficacement!". Cela les oblige à terminer certains écrits, mais aussi à sélectionner ceux qu'ils considèrent plus pertinents et dignes d'être publiés.
 
Avec toutes ces mises en place, un des résultats dont je suis le plus fière, c'est que mes élèves ne s'écoutent pas écrire. Il est réellement intéressant de les lire. Pour reprendre les mots de Nadon, un enseignement efficace de l'écriture donne une voix aux élèves!
 
L'autre agréable surprise, c'est que les notions du programme s'enseignent tellement naturellement au fil des besoins manifestés par les élèves et leurs écrits par la rigueur que tous s'imposent dans la classe que l'enseignement et l'apprentissage se font beaucoup plus dans le plaisir que dans le découragement et la pression!

10 commentaires:

  1. Ton expérience est vraiment enrichissante et c'est agréable de lire ton "bilan". C'est là qu'on voit que chaque petit pas est essentiel!

    Merci de ton partage, M-Eve!

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    1. Effectivement! Et sincèrement, ce n'est rien d'exceptionnel ou de si compliqué... Il suffit d'y croire assez pour s'engager dans la démarche!

      Merci pour ton feedback!
      M-Eve

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  2. C'est très motivant de te lire! Tu donnes le goût de se lancer dans les ateliers d'écriture. Merci pour ce partage!
    Chantal

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    1. Merci à toi, Chantal! Si je me souviens bien, c'est toi qui m'a fait découvrir et apprécier Regie Routman... et la lecture de son ouvrage m'a donné ce qu'il fallait pour boucler la tête que je me faisais des ateliers d'écriture.

      Merci encore!
      M-Eve

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  3. Wow! Quelle mémoire! Oui, c'est bien moi. Ces ouvrages sont des inspirations pour moi et ton partage confirme que tout ça est possible! J'ai fait quelques tentatives cette année pour les ateliers d'écriture, mais ce n'était tout à fait au point. J'aime bien te lire, ça me permet de me faire une tête et d'aller un peu plus loin dans ma pratique. Encore merci!
    Chantal

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  4. Merci beaucoup pour ce retour Marie-Eve ! Pour moi qui ne suis pas du tout satisfaite de mes ateliers d'écriture, ça donne des pistes de réflexion pour améliorer le travail... Mon problème reste le temps : tu fais un atelier tous les jours ?

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    1. Salut Chantal et Vefa!

      Je comprends très bien votre sentiment d'insatisfaction... J'ai été plusieurs années à faire des tentatives en ce qui a trait aux ateliers d'écriture. Je me voyais faire quelques pas, mais je savais pertinemment que c'était loin d'être au point!

      Je pense qu'en matière de formation continue et de changements de pratiques pédagogiques, il faut savoir se donner le temps. Le temps d'apprendre sur le sujet, d'expérimenter et de s'ajuster. De toute manière, les ateilers d'écriture, comme tout le reste d'ailleurs, il faut se les approprier! Il faut trouver sa propre manière de les vivre dans notre enseignement!

      Vefa, mes ateliers de français au quotidien sont très bien rodés depuis le début de l'année. Je fais en moyenne 4 périodes par semaine. Les élèves évoluent donc dans leurs ateliers de 20 minutes chacun tant en lecture qu'en écriture (et en grammaire). Ils font une rotation des ateliers. Ça tourne donc autour d'une heure de français par jour où les élèves alternent entre lecture et écriture.

      J'espère que je réponds à ta question!

      Merci encore de votre rétroaction!
      M-Eve

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  5. Bonjour M-Eve,je découvre ton blog aujourd'hui et quelle richesse!Ca fait un bien fou de sentir une motivation comme la tienne! Merci pour tout ce partage d'idées, de réflexions et d'expériences! J'ai pris note de plusieurs références de livres. j'ai lu "Qd reviens septembre" il y a qqs années et j'ai bien envie de me replonger dans cette "recherche" avec d'autres livres que tu proposes.A propos des ateliers d'écriture, comment les lances-tu dans le travail au tout début? Partent-ils d'une feuille blanche? Ou cherchez-vs ensemble des sujets? Merci pour tout et bonne reprise à toi!
    Caroline

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    Réponses
    1. Salut Caroline,

      Il me fait plaisir de t'accueillir officiellement sur mon blogue! Quel plaisir de recevoir un commentaire comme le tien, et agrémenté d'une question en plus, J'ADORE!

      Évidemment qu'il faut penser à adapter sa première période d'écriture au groupe d'âge qui est devant nous. Je te parlerai donc de mon expérience avec des élèves du 3e cycle. La 2e journée d'école, j'ai mis une période d'écriture à l'horaire. Leur première réaction n'était pas exactement joviale...!!! Je leur ai expliqué que nos ateliers d'écriture allaient se dérouler sur 20 minutes, qu'ils auraient de la latitude pour le choix des sujets etc. J'ai donc insisté sur le fait que je leur demandais MAXIMUM 20 minutes d'écriture dans la journée. J'ai ensuite modélisé un écrit (j'utilise avec les grands mon ordi et le projecteur, ça écrit plus vite!). J'en ai profité pour leur parler de mes impressions de la rentrée et leur dire que j'avais de bons pressentiments au sujet de l'année à venir parce que j'avais des élèves de qualité, etc. (prof stratégique, LOL) Au bout de 20 minutes, je me suis arrêtée, texte fini ou pas!

      Au moment de leur tour, je leur explique qu'ils peuvent écrire sur le sujet de leur choix, mais que ce que je veux absolument, c'est qu'ils écrivent sans arrêt pendant 20 minutes. Pour les élèves qui n'auraient pas d'inspiration, je projette de une à trois images qu'ils pourront décrire par écrit. On ne perd pas une seconde! Quand la minuterie a sonné la fin de la période d'écriture, ils en voulaient plus. "Non, demain!"

      À la deuxième leçon avant de se mettre en action, nous avons parlé des différents sujets pertinents. J'insiste sur la pertinence des sujets! Même si je pense que la deuxième guerre mondiale est un sujet fascinant, possible que je ne m'y connaisse pas assez pour écrire efficacement! Plus tard dans l'année, je permettais que des élèves utilisent leur atelier de lecture pour faire de la recherche et ensuite écrire.

      Réponse longue, mais détaillée... Pertinente, je le souhaite! J'espère que je réponds! Si non, tu sais où me trouver!

      Merci Caroline!
      M-Eve

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  6. Je me relis et voudrais corriger cette erreur dans le titre "Quand revient septembre"!
    Merci encore!

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